Comment écrire son livre de généalogie ?

 

1ère étape : la collecte des données

Le livre de généalogie que vous écrirez est sans doute destiné à votre famille. Il ne s’agit pas de l’envahir de données compliquées, mais de leur donner envie de s’y intéresser. C’est pourquoi j’essaie toujours d’illustrer au maximum mes propos. Il faut des photos d’au moins 800 k à 1 méga pour que le rendu soit suffisant (ou alors on a un tout petit visuel)

1.1 - Le lieu de vie :

On trouve sur internet de très belles certes anciennes de différentes époques, c’est sympa de voir comment pouvaient être les villes avant l’expansion industrielle et de retrouver des coins de campagne tels que les ont connu nos ancêtres.

Pour cela, je vous conseille le site de l’IGN : https://www.geoportail.gouv.fr/ Ou les sites d’histoire locaux qui sont souvent très heureux de vous aider. Il est facile de faire une photo et de l’inclure ensuite dans votre livre.

Les cartes postales anciennes ont été longtemps payantes, on en trouve de plus en plus sur internet.

Et puis, si vous pouvez vous déplacer, une vraie photo prise sur le site est très forte émotionnellement, j’ai ainsi retrouvé la ferme où mes ancêtres ont vécu avant la révolution.

En général, plus on est loin dans le temps, plus les lieux ont changé. Il n’y a qu’un seul bâtiment qui puisse avoir connu les joies et les peines de vos ancêtres, c’est le lieu de culte. Les églises françaises sont souvent très anciennes, et vous pencher sur les fonts baptismaux sur lesquels ils ont été baptisés …

1.2 - Les portraits

Si vous avez de la chance, vous aurez la photo de vos ancêtres. On a commencé à photographier après 1870, et les premières photos étaient très chères, on n’a donc vraiment des photos qu’à partir de 1900. Avant, certains étaient assez riches pour se faire portraiturer, mais c’est plutôt rare, en fait.

De toutes façons, il faut scanner ou re-photographier tout ça pour que ce que vous avez trouvé ne disparaisse pas. Et noter sous la photo le nom des personnes qui sont là. Même si vous les connaissez parfaitement, ce n’est pas certain que vos arrière petits enfants les connaitront encore. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai commencé à faire des livres de généalogie. Au décès de ma grand mère, je suis tombée sur une boite à chaussures pleine de photos d’inconnus. Plus personne n’était là pour me dire de qui il s’agissait. J’ai donc extrait de la boite les photos qui me disaient quelque chose, je les ai photocopiées, et j’ai noté tout ce que je savais. Afin que mes enfants, petits enfants, puissent mettre un visage sur les noms de nos ancêtres.

1.3 - Les extraits d’état civil, les archives des églises

Avant 1870, donc, pas de possibilité de photo, il faudra vous contenter des actes de naissance, de mariage et de décès.

Bien sur, vous les avez trouvées sur internet, il faut donc les récupérer, les mettre sur votre ordinateur. Toujours un minimum de 800K, si vous voulez qu’ils soient lisibles. Et le format le plus facile à insérer est le JPEG. Personnellement, quand je trouve la signature d’un de mes ancêtres, au bas d’un ancien document, je l’imagine en train de le signer, à quelques siècles de moi. C’est un papier important pour lui, un moment fort de sa vie, et je ne l’oublie pas, si longtemps après.

1.4 - Les traces de vie. Certains de nos ancêtres ont eu une profession particulière, qui a laissé des traces.

Ont-ils construit quelque bâtiment ? été libraires (ils ont peut-être imprimé des ouvrages qui existent encore aujourd’hui), eu une mort particulière ? (archives des journaux locaux de l’époque…) .

Ont-ils émigré ? Si c’est vers l’Outre mer, regardez http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/

http://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?irId=FRAN_IR_054792

Sont ils venus de l’étranger ? http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/fr/web/guest/dossiers-de-naturalisation

Avez-vous un tonton ou une tata d’Amérique ? http://libertyellisfoundation.org/passenger

Ont-ils fait la guerre ? Ont-ils été décorés ? http://www.geneanet.org/14-18/ http://www.culture.gouv.fr/documentation/leonore/pres.htm http://www.legiondhonneur.fr/fr/page/recherche-de-decore/102

Ont-ils signé des contrats ? Acheté ou vendu un terrain ou une maison ? Les archives notariales sont trouvables, pour l’instant aux Archives, bientôt sur internet, du moins je l’espère. Tout ce que vous avez retrouvé est bon à prendre. Si un jour les originaux peuvent être détruits, votre ouvrage les aura sauvegardés.

1.5 - Les cimetières

Avez-vous retrouvé certaines tombes ? Avez-vous retrouvé certains monuments aux morts ? Photographiez-les, et mettez-les dans votre livre !

1.6 - Les arbres

Pour synthétiser toutes vos recherches, il est utile de faire un ou plusieurs arbres, au fil des pages, ce sera un résumé. Connaissez-vous des sites gratuits et fiables ? Moi je ne connais qu’Heredis, mais il est payant.

Pour résoudre d’autres problèmes, voici un blog qui vous donnera 26 questions auxquelles vous pouvez tenter de répondre (évidement, plus les ancêtres sont loin de nous, plus la réponse est difficile à obtenir). https://www.aupresdenosracines.com/2015/06/26-questions-pour-ecrire-la-vie-dun-ancetre-partie-1.html

Voilà. J’ai certainement oublié des éléments parmi ceux que vous avez retrouvés. L’important est de les numériser (photo ou scanner), de les stocker sur votre ordinateur bien classés en dossiers afin de les retrouver facilement, pour la 2 ème étape : la fabrication de votre livre.

2eme étape : La fabrication du livre

Maintenant que vous avez réuni toute votre documentation, il est temps de la préserver. Pour cela, le plus simple est de faire quelques livres que vous pourrez donner à vos enfants, à vos proches.

2.1 Trouver le bon format

Dans les livres photos, tous les formats ou presque sont possibles. Privilégiez un format qui se range sur des étagères, c’est plus pratique ! Selon la quantité de matière, vous pourrez adapter le nombre de pages qui va jusqu’à 144 pages dans la plupart des cas. Nous ne voulons pas faire de publicité, vous avez donc le choix ! En voici quelques uns. https://www.monalbumphoto.fr/livre-photo

www.photoweb.fr/produits/livre-photo

https://www.photobox.fr/boutique/livres-photo

www.livrephoto-cewe.fr/

www.livrephoto.fr/

http://www.myphotobook.fr/livre-photo/

http://www.blurb.fr/

Vous pouvez choisir une reliure cartonnée ou souple. Le prix varie d’environ 50 à 100 euros pièce. De temps en temps, il y a des promotions. Personnellement, quand je dois faire plusieurs exemplaires du même livre, je fait d’abord un qui a une reliure souple (c’est moins cher), je le fais venir, et je regarde s’il y a des corrections à faire avant de commander les autres. On voit toujours mieux les erreurs sur un format papier.

Personnellement j’utilise myphotobook j’aime bien le fait qu’on puisse rajouter une ou plusieurs pages au milieu des autres en cours de travail. Aucun des sites que je connais n’accepte d’insérer des documents Word. Il faudra donc faire des zones texte et taper les renseignements. Attention à l’orthographe, ils n’ont pas de correcteur.

2.2 Ascendant ou descendant ?

A vous de choisir. Ou bien vous commencerez votre livre par l’ancêtre le plus proche ou bien par le plus lointain. A vous de voir.

Si vous voulez raconter l’histoire de votre famille, il est peut-être plus logique de commencer par le plus ancien ancêtre et de suivre le contexte historique. Une personne déménage, son fils le suit puis reprend l’exploitation (le métier de son père), le petit fils achète les locaux…etc

On peut aussi prendre une personne « de base » (ça peut-être vous), et parler d’abord de ses descendants, puis de ses ascendants.

On ne dira jamais assez l’importance d’une bonne table des matières, bien complète, incluant des dates. Le lecteur pourra ainsi s’y référer.

2.3 Une génération à la fois

Pour une meilleure compréhension de vos lecteurs, qui ne sont sans doute pas généalogistes, il est logique de faire apparaître les générations par ordre chronologique.

Vous savez beaucoup de choses sur les plus récents (lieux de vie, déménagements, mariages, métiers), parlez-en, vos descendants ne connaitront plus ces détails. Mais il est important de garder la rigueur généalogique nécessaire.

Adoptez pour chacun la même mise en page : Nom, prénom, numéro Sosa (afin de le retrouver sur l’arbre), date de naissance, de mariage, de décès, nom de tous les enfants. Métier, lieux de vie, c’est le moment de présenter votre ancêtre in extenso.

La mise en pages dépendra de votre fibre artistique ou de votre rigueur scientifique. Mettez bien en évidence VOTRE ancêtre dans la liste des enfants (couleur, caractères gras, souligné …), ce sera plus facile de suivre le fil des générations. Puis, c’est le moment d’illustrer sa vie avec les actes que vous avez, les photos, les plans anciens, les anciennes cartes postales, en insérant une zone texte en dessous de ceux-ci afin d’en donner tous les détails que vous avez pu retrouver.

Pour l’épouse, qui est souvent délaissée dans la généalogie, j’ajoute en général un deuxième chapitre après celui du mari, avec les éléments que j’ai : (arbres, lieux …) . Bien évidemment, plus les générations passent et moins vous aurez d’éléments à ajouter (à moins d’un coup de chance). J’ai ainsi découvert qu’un de mes ancêtres, meunier au 17 eme siècle, avait été parrain, alors qu’il n’était encore qu’apprenti, d’un enfant né presque mort chez le meunier qui l’employait. Ce qui m’a permis d’apprendre qu’il fallait pratiquement 20 ans d’apprentissage pour devenir maître-meunier. Ou que 3 membres de la même famille étaient décédés à quelques jours d’intervalle à la suite d’une épidémie de grippe qui avait tué une bonne partie des plus de 50 ans en France en 1742

Gardez la même logique et le même classement tout au long du livre. C’est important pour la compréhension du lecteur.

Et l’épouse ?

En tant que femme, je ne peux pas me désintéresser de son nom, de ses parents, de son milieu de vie, de son éventuel métier. On suit souvent le nom du mari, par commodité, mais aussi selon de vieux principes archaïques. Après avoir parlé du mari, dans le chapitre suivant, je parle aussi de l’épouse et de sa généalogie.

On a souvent plus de détails sur elle pour deux raisons : les femmes se mariaient souvent mineures (moins de 25 ans), et avaient donc besoin du consentement de leurs parents qui sont nommés sur l’acte. Et les mariages avaient souvent lieu dans le village de la mariée.

Et le « fin du fin » … la généalogie par les femmes qui vous dira d’où viennent les mitochondries que vous abritez toujours dans toutes les cellules de votre corps !

D’autres trucs

Numérotez vos pages, et quand vous aurez tout terminé, n’oubliez pas de réaliser un sommaire que vous mettrez tout à la fin ou tout au début afin que tout le monde puisse s’y retrouver.

Profitez en pour signer et dater votre livre. Si vous faites ensuite d’autres versions (après d’autres découvertes), vous saurez ainsi quel est l’exemplaire le plus récent.

La couverture.

Une photo, plusieurs, en fond, en sépia, en couleurs, laissez s’exprimer votre fibre artistique, sans oublier de mettre le nom de la famille sur la couverture et sur la tranche du livre. Je vous conseille aussi mettre votre nom (puisque vous êtes l’auteur) et dater la 4ème de couverture. Si vous désirez corriger ou augmenter votre travail, vous saurez ainsi quelle est la dernière version.

Ce texte, fruit de mes expériences, vous est donné. Vous pouvez le copier, le partager gratuitement. Mais il est de moi. A ce titre, il est inscrit à la SACEM et à la SABAM. Si vous voulez vous l’attribuer, je ne suis plus d’accord, et la SACEM vous demandera des droits d’auteur de ma part.

 

 

source : LUCETTE HOISNARD·MERCREDI 30 NOVEMBRE 2016

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