LA FRONTIERE LINGUISTIQUE DEVIENT POLITIQUE

  
 

LA FRONTIERE LINGUISTIQUE DEVIENT POLITIQUE.

Le principe de base retenu pour le démembrement du Luxembourg est celui de la séparation en vertu de la frontière linguistique. En effet, depuis la nuit des temps, le Luxembourg est partagé en deux linguistiques : allemand et wallon. Hormis cette différence de langue qui n'a jamais causé le moindre problème entre Luxembourgeois, il n'y a que des similitudes entre un paysan de Marche ou de Mersch. Pourtant cette différence de langue va séparer leurs destinées.
La partie germanique est donnée à Guillaume, la partie wallonne à la Belgique. Mais en réalité, la ligne de partage ne coïncide pas exactement avec la frontière linguistique. Toute la région d'Arlon, située aux premières tranchées du quartier allemand, est attribuée à la Belgique et non au grand-duché.
Selon une pure légende que l'on se plaît encore à raconter aujourd'hui entre Luxembourgeois belges et grand-ducaux, la cession d'Arlon à la Belgique s'expliquerait uniquement par un acte de sympathie de la Conférence de Londres envers Jean-Baptiste Nothomb, député d'Arlon, auquel les diplomates sensibles n'auraient pas voulu faire le crève-coeur de lui ravir sa circonscription électorale en la plaçant hors des frontières belges.
En réalité, l'étude des archives diplomatiques a démontré que la région d'Arlon fut donnée à la Belgique à la suite d'une revendication française. Il s'agissait de neutraliser la zone couvrant le nord de la forteresse de Longwy et de placer hors la Confédération germanique la route stratégique de Metz à Liège, passant par Thionville, Longwy, Arlon et Bastogne.
Guillaume Ier se fit payer Arlon par des compensations territoriales dans le Limbourg. La frontière hollandaise fut porté 6 km plus au sud sur une longueur de 22 km.
Entre Martelange et Bastogne, une dizaine de villages germaniques furent également rattachés à la Belgique suite à l'ignorance ou aux renseignements erronés des plénipotentiaires réunis à Londres. Enfin, d'importants propriétaires fonciers auraient obtenus in extremis de légères modifications du tracé de frontière car le grand-duché hollandais risquait de connaître une forte hausse de la fiscalité. Guirsch, Heckbous, Sterpenich et d'autres villages seraient en Belgique pour cette seule raison. 
 

 
  

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