Le Grand-Duché et la Province

Le Grand-Duché et la Province: Histoire d'une scission JEAN-MARIE TRIFFAUX. "Le Soir" de Bruxelles, du 15 avril 1989. En avril 1989, le Royaume de Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg fêtaient un anniversaire historique commun. En effet, en 1989, il y a 150 ans, le Luxembourg se brisait en deux : le grand-duché et la province. Le grand-duché de Luxembourg : près de 380.000 habitants sur une superficie de 2.586 kilomètres carrés ; la province belge de Luxembourg : plus de 226.000 habitants sur une superficie de 4.418 kilomètres carrés. Deux destins bien différents qui auraient pu cependant avoir la même destinée si les grandes puissances du XIX ème siècle n'avaient pas décidé de couper, en 1831, le grand-duché de Luxembourg, issu du Congrès de Vienne (1815), en deux parties, une partie germanophone : l'actuel grand-duché de Luxembourg, une partie francophone : l'actuelle province belge de Luxembourg. Un partage qui ne sera, en réalité, appliqué que le 19 avril 1839 (traité de Londres). C'est précisément le 150 ème anniversaire de cette date que le grand-duché de Luxembourg, fêta avec faste le 18 avril (un jour plus tôt pour des raisons pratiques) en présence des chefs de gouvernement des sept pays signataires du traité (Grande-Bretagne, France, Allemagne fédérale, Autriche, Belgique et Pays-Bas). Non qu'il s'agisse d'y fêter cette séparation, qui fut douloureusement ressentie de part et d'autre de la frontière, mais bien les cent cinquante ans d'un petit pays aujourd'hui envié, une des grandes places financières européennes et l'une des capitales de l'Europe. D'après les statistiques de la Banque Mondiale, le Luxembourg compterait parmi les pays les plus riches, après le Koweït et la Suisse. C'est dire la distance qui le sépare aujourd'hui de la neuvième province belge, la province de Luxembourg, toujours considérée, malgré les efforts de ces dix dernières années et son "ardeur d'avance", comme le parent pauvre de la Belgique. En 1815, au lendemain de la défaite de Napoléon, les grandes puissances réunies au Congrès de Vienne établissent la nouvelle carte politique de l'Europe. Elles mettent fin aux guerres de la Révolution et de l'Empire qui ont ravagé l'Europe pendant plus de vingt ans. Alors qu'elle décident de réunir la Belgique et la Hollande en un royaume des Pays-Bas avec Guillaume Ier d'Orange-Naussau comme souverain, elles rattachent de façon tout aussi arbitraire un nouvel État à la Confédération germanique. Il s'agit de l'ancien duché de Luxembourg dont la capitale, la place forte de Luxembourg, est désormais occupée par une garnison prussienne. La famille d'Orange-Nassau qui a cédé à la Prusse quelques petites principautés patrimoniales (Dillenbourg, Dietz, Hadamar, Siegen), reçoit en compensation et en propriété personnelle l'ancien duché élevé au rang de grand-duché. Guillaume Ier, roi des Pays-Bas, devient grand-duc de Luxembourg. Le Congrès de Vienne accorde à sa famille "la souveraineté à perpétuité du Luxembourg". Ce dernier est donc un État distinct des Pays-Bas puisque, juridiquement, il appartient aux Orange-Nassau et fait partie de la Confédération germanique. Mais au lieu de l'administrer séparément et de le doter de ses propres institutions, Guillaume Ier le rattache purement et simplement au royaume des Pays-Bas. Les Luxembourgeois laissent faire. Et tout comme dans les provinces belges, la politique du souverain hollandais provoque bientôt mécontentement et hostilité.

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Commentaires (1)

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